Youssef M., 26 ans’s Story
“Après cinq ans d'études universitaires et un diplôme qui devrait ouvrir des portes, je me retrouve à me demander si tout cet effort en valait la peine. C'est comme si mon diplôme était devenu un fardeau, pas un atout.”
Youssef, 26 ans, vit à Sidi Moumen, un quartier populaire de Casablanca. Il a obtenu sa licence en gestion d'une université publique il y a près de deux ans, rempli d'espoir pour son avenir. Mais la réalité du marché du travail marocain l'a rapidement rattrapé. Ses journées sont rythmées par l'envoi de CV sur des plateformes comme ReKrute.com et LinkedIn, sans oublier les visites régulières à l'ANAPEC, qui, selon lui, ne lui a jamais vraiment proposé d'opportunité concrète. 'C'est une machine à imprimer des attestations de non-emploi plus qu'autre chose', dit-il avec amertume.
Il a postulé à des centaines d'offres, des postes de junior dans des grandes entreprises comme Attijariwafa Bank ou OCP, aux rôles de support client dans des centres d'appels. Les rares entretiens qu'il a obtenus ont souvent abouti à des offres salariales dérisoires, à peine 3 000 ou 3 500 dirhams par mois, bien en dessous du salaire moyen national et insuffisant pour vivre décemment à Casablanca, sans parler de l'aide qu'il aimerait apporter à sa famille. 'On nous demande un niveau de français impeccable, une expérience que l'on ne peut pas avoir sans un premier emploi, et en retour, on nous propose des salaires qui ne couvrent même pas le transport et la nourriture', explique-t-il, les yeux fatigués.
La pression familiale est constante. Ses parents, qui ont sacrifié beaucoup pour ses études, s'attendent à ce qu'il trouve un emploi stable. Ses amis qui ont choisi des chemins différents, certains partis à l'étranger, d'autres ayant réussi à monter leur petite affaire informelle, semblent s'en sortir mieux. Youssef se sent piégé, son diplôme, autrefois source de fierté, est devenu le symbole de son échec. Il a même envisagé d'émigrer, mais sans expérience professionnelle solide, les portes de l'étranger lui semblent aussi fermées que celles du marché local. Le pessimisme est son compagnon quotidien, et il craint de se résigner à un travail peu qualifié, loin de ses aspirations et de ses années d'études. 'Chaque jour, c'est la même question : est-ce que ça vaut la peine de continuer à chercher ?'
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